mercredi 28 novembre 2007

Interpol : Our love to admire Limited edition.


Bien entendu, il n’est ici nullement question de revenir sur la qualité du dernier opus en date du quatuor new yorkais. Plutôt de souligner l’inanité du label qui, un mois avant Noël, nous refait le coup de l’édition limité. Donc, « Our love to admire », le nouvel album d’Interpol, ressort ces jours-ci accompagné d’un DVD live d’une petite demi-heure enregistré à l’Astoria de Londres. Et tant pis pour les amateurs, dont fait partie votre serviteur, qui se sont précipités en juillet dernier sur ledit CD qui était déjà disponible à l’époque dans une autre édition limitée (on finit par s’y perdre !). Alors évidemment, sachant qu’Interpol a toujours rechigné à sortir un DVD auparavant et que le disque bonus est le tout premier DVD live d’Interpol, on se retrouve donc face à un drôle de dilemme, tout tenté que l’on est de racheter un disque que l’on possède déjà. Et rien ne dit que se faisant, on n’est pas en train de faire une connerie, le label pouvant tout à fait sortir l’intégralité dudit concert en DVD d’ici quelques mois (il s’agit là d’une interprétation personnelle et en aucun cas d’une information avérée). A l’heure où on fait grand cas du téléchargement illégal et des possibilités de sanctions, il serait temps de réaliser que ce n’est pas le téléchargement illégal qui tue la musique mais plutôt une bande de baltringues en costumes trois pièces qui dirige l’industrie du disque sans rien n’y comprendre, qui ne respectent ni la musique, ni ceux qui la joue et encore moins ceux qui l’achète. Ces messieurs seraient bien plus à leur aise à vendre des camemberts (ce qui est peut-être la prochaine étape de leur plan de carrière). A bon entendeur…

Track listing DVD : Live at the Astoria (London) : Pioneer to the falls, Narc, The Heinrich Maneuver, Mammoth, Slow Hands, Evil. Bonus : The Heinrich Maneuver (video), No I in threesome (video).

Et pour se consoler de toute cette misère, voici une dernière vidéo, NYC, extraite du concert donné dans le cadre du festival de Glastonbury en 2003. Bon visionnage.

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mardi 20 novembre 2007

Interpol

Pour tout ceux qui, à l'instar de votre serviteur, bloqués par les grèves, ne pourront se rendre demain soir au Zénith voir Interpol, voici un petit cadeau tout droit sorti des archives du Jukebox. Première prestation télévisée des débutants (à l'époque) Interpol sur le plateau de David Letterman. On est en 2002, la chanson s'appelle "PDA" (extraite du premier album "Turn on the bright lights") et on peut aisément remarquer que certains ont pris un petit coup de vieux ! Enjoy !


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Et comme un concert n'est pas un vrai concert sans rappel, voici une autre vidéo (je vous gâte quand même !) toujours extrait du premier album "Turn on the bright lights", "Obstacle 1" cette fois captée sur le plateau de Carson à peu près à la même époque :

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Et pour finir, voici "Slow Hands", extraite d'"Antics", le deuxième album d'Interpol, interprétée live sur le plateau de Jay Leno en 2004 et, toujours extraite du même album, "Evil" live dans l'emission de Jools Holland (l'ancien clavier de Squeeze) :

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dimanche 18 novembre 2007

The Doors : Live in Boston 1970







Boston, 10 avril 1970. The Doors s’apprêtent à prendre d’assaut la paisible capitale du Massachussets le temps de deux sets joués lors de la même soirée marathon. Après les concerts de Detroit et de Philadelphie, le label Rhino continue donc l’exploitation en CD des concerts des Doors de la tournée de 1970. Soyons direct, cette soirée de Boston (quasiment trois heures de musique) est exceptionnelle. Jim Morrisson, complètement bourré, défoncé et peut être même pire encore est totalement parti. Délirant il s’adresse à la foule : Voulez-vous voir mes parties intimes ? Forget about it ! Un peu plus tard : Adolf Hitler est vivant ! Il est homo et j’étais avec lui la nuit dernière ! Bref, passons… L’état de « Jimbo » aidant c’est aux trois autres, soit respectivement Ray Manzarek à l’orgue, Robbie Krieger à la guitare et le batteur John Densmore, de tenir la baraque. Et ce qui se passe est tout simplement incroyable, les morceaux gagnent en longueur, partant dans de longues divagations psychédéliques, comme une vague qui déferle, le son monte en intensité puis redescend puis repart pour un tour et ainsi de suite… Jim Morrisson est dans un état second. L’intro du premier concert est fabuleuse, Morrisson éructe dans le micro, hurle même parfois, les instruments se chauffent, se cherchent, puis trouvent la voie vers « Roadhouse Blues ». La musique claque alors d’un seul coup assez funky. Et les titres de s’enchaîner sans temps mort (ou presque). Les Doors ont-ils jamais été aussi trippant ? Rebelotte avec l’ouverture du second set « Break on through ». Evidemment, les Doors ne seraient pas les Doors sans le blues. Ce dernier est donc loin d’être occulté le long de ces trois CD : « Rock me », « Back Door Man », « Crossroads », « The Spy »… Mais le morceau de bravoure est sans doute, « Light my fire » qui occupe à elle seule la quasi-totalité du troisième disque. Une version fleuve qui enquille en son sein les reprises de « Fever », « Summertime », « Saint James Infirmary Blues » ainsi qu’un « Graveyard Poem » plus ou moins improvisé sur le moment, me semble-t-il. D’improvisation, il en est beaucoup question tout au long de ce « Live in Boston », si on écoute attentivement, on entend les membres discuter entre les chansons, pour décider de ce qu’ils allaient jouer ensuite. C’est frais, spontané, ça fait du bien car c’est un peu ce qui manque dans les concerts d’aujourd’hui calibrés et minutés. Laissons donc le mot de la fin à John Densmore, ainsi qu’il l’affirme dans le livret : « In Vino Veritas » !

http://www.thedoors.com/

samedi 17 novembre 2007

Dave Gahan : Hourglass




Chanteur de Depeche Mode depuis plus de deux décennies, Dave Gahan s’est souvent senti à l’étroit au sein du mastodonte DM. Malaise qui l’ont conduit à des dérives chimiques, alcooliques qui ont bien failli lui faire la peau (Overdose, tentative de suicide). C’est au cours d’une cure de désintoxication que Gahan réalise que la musique est la véritable passion de sa vie et à 40 ans se lance, sur le tard, dans une carrière solo sans pour autant quitter DM. Son premier opus « Paper Monster » sort en 2003. Gahan sans renier l’électro/new wave qui a fait sa gloire y laissait apparaître un amour insoupçonné pour les musiques Noires, blues et soul. L’album, plutôt bon, ne fera pas vraiment l’unanimité chez les fans de DM. Quatre ans plus tard, notre homme fait son retour avec son deuxième disque en solo « Hourglass ». Exit Knox Chandler, guitariste/partenaire dans le crime sur son premier disque, Dave est cette fois ci entouré de Christian Eigner (batteur qui accompagne souvent DM sur scène) et d’Andrew Phillpott. Le trio nous a concocté un album au son beaucoup plus proche du groupe auquel Gahan doit sa gloire. Plus d’une fois on se surprend à penser que l’on écoute un inédit de DM. Dans le genre choc culturel, le premier morceau « Saw something » est étonnant, le solo de guitare y est joué par John Frusciante, le guitariste des Red Hot Chili Peppers. Tout au long de ce « Hourglass », Dave Gahan innove, surprend mais ne déçoit pas.

mardi 13 novembre 2007

STEVANS



Stevans. Fans de power-pop, de Nada Surf, de Death Cab For Cutie, retenez ce nom. Stevans (voir mes messages des 11 mars et 8 avril) est un trio venu de Suisse mais que l’on imaginerait aisément en provenance de Camden ou de Brooklyn. Stevans ou la preuve que la scène européenne ne se résume pas à une poignée de groupes anglais. Interview avec le chanteur/guitariste/pianiste Yvan Franel qui a la gentillesse de se soumettre à la question…

1) Est-ce que tu peux en quelques mots nous présenter les membres du groupe ?
Yvan Franel : John Chirico, batterie, rêveur, concilliant.
Bruno Tancredi, basse, professionnel, têtu, calme.
Yvan Franel, guitare/piano/chant, speed, fonceur, rêveur.
2) Peux-tu nous parler du duo avec le rappeur Big Ali (sur la compilation dis l'heure du hip hop rock 2) ?
Y.F : C'est la production de Passi, (ISSAP) qui nous a contacté pour faire partie de la compile "Dis l'heure du Hip-hop Rock 2". On a passé une journée très chargée pour tout enregistrer, de la batterie à la voix. On est très content du résultat, dommage qu'elle ne soit pas plus exploitée (la chanson). Elle est sur notre page myspace.

3) Avez-vous un contrat de distribution en France ?
Y.F : On est en phase de signer avec un label, mais tant que rien n'est fait, on n'en dit pas plus....

4) Tu écoutes quoi ces jours-ci ?
Y.F : J'ai acheté le nouveau Athlete, Editors, Dead 60's. Sinon, mes dernières découvertes sont un groupe américain incroyable, Mute Math et un groupe anglais dans la lignée de The killers qui s'appelle The Sunshine Underground...Ah oui, j'ai aussi acheté le dernier Kanye West (parce qu'il y a une titre ou Chris Martin, le chanteur de Coldplay chante...:)) et le best-of de A-Ha

5) Il semble que le groupe marche bien en Angleterre, c'est un exploit quand on n'est pas anglophone, non ?
Y.F :
Il y a un petit buzz, mais encore beaucoup de choses à faire, c'est pour ça qu'on y retourne les 5-6 décembre. C'est la capitale du rock'n'roll et c'est très dur de jouer là-bas, mais ça peut valoir le coup. Si tu peux jouer en Angleterre, tu peux jouer partout!!



6) Parles-nous de la scène musicale en Suisse...
Y.F : La scène musicale suisse est très bonne, il y a plein de très bons groupes. Lorsqu'on joue en suisse allemande, on réalise qu'il ne faut pas se limiter à la partie romande, car de l'autre côté de la Sarine, ça bouge à fond! Seul problème à régler encore, les structures et les moyens mis en place pour développer les groupes. Nous le savons, c'est pour ça qu'on part à l'étranger, au maximum, car nul n'est prophète dans son pays...

7) Un nouvel album est-il prévu ?
Y.F :
On est en train de composer, je pense que d'ici 1 an il y aura un nouveau disque, on ne se précipite pas, on veut déjà que l'album actuel marche à l'étranger. Cela dit, on joue déjà des nouveaux titres en live

8) Quand aura-t-on la chance de vous revoir en concert ?
Y.F :
Les dates de concerts sont sur myspace et sur notre site internet, stevans.net. (A Paris le 25/01/08 à l’OPA et le 26/01 au 25 degré est NDA). On devait faire la 1ère partie de Rita Mitsouko cette semaine, avant d'apprendre que leur tournée est annulée car Fred Chichin le guitariste est gravement malade....ZUT!!!! Aussi, on a gagné le concours du Montreux Jazz Festival Off, ce qui veut dire que l'année prochaine on jouera à l'intérieur, avec un groupe connu...on rêve de jouer avec Coldplay!!!!

Propos recueillis par email le 13 novembre 2007.
Et un grand merci à Yvan pour sa gentillesse et sa disponibilité. Thanks, man !

lundi 12 novembre 2007

Editors + The Noisettes, festival des Inrockuptibles, la Cigale, 11 Novembre 2007






Il pleut des cordes en cette fin d’après-midi, alors que l’on patiente le long du boulevard Rochechouart en attendant l’ouverture de la Cigale pour la dernière soirée du festival des Inrockuptibles 2007. On a connu des dimanches plus engageants. Pour les artistes invités, le festival des inrocks doit être un exercice aussi confortable que de marcher sur un fil. Le plateau est copieux (5 groupes ce soir) aussi le temps est limité à une demi-heure par groupe et pas de rappel. Entre chaque set le rideau se referme pendant que les roadies préparent la scène pour le groupe suivant. Pour les spectateurs, c’est un marathon d’environ cinq heures qui commence aux alentours de 18 heures pour se finir vers les 23 heures. C’est aussi, régulièrement, une formule assez frustrante où on passe du coq à l’âne, il faut supporter certains groupes alors que d’autres ne font qu’une apparition trop fugitive. Du goût de trop peu à l’overdose. Ce soir n’échappera pas à la règle alors que la chanteuse Marit Bergman déboule sur scène. Elle a l’air gentille comme tout et très mignonne dans sa robe rouge mais là je ne sais pas pourquoi la pépette a plutôt tendance à m’agacer. Bref, passons. Les choses sérieuses commencent avec Elvis Perkins, le fils de l’acteur Anthony, l’interprète du « Psychose » d’Alfred Hitchcock. Ca fait un petit moment que j’entends le plus grand bien de lui, sans encore jamais avoir eu l’occasion de vérifier. J’ai beaucoup aimé son set, folk roots, guitare acoustique, harmonica, contrebasse, batterie et deuxième guitare. La comparaison est éculée mais c’est Bob Dylan qui vient immédiatement à l’esprit. Avec quelques influences celtes et parfois quelques cuivres. Malgré un rappel en rab, on reste un peu sur notre faim et cet Elvis Perkins mérite bien que l’on s’attarde plus longuement sur son cas. A revoir dans un contexte plus favorable. A oublier par contre le groupe suivant, les gallois de Los Campesinos, plutôt limités et bruyants. Avec de trop rares bonnes idées. Vint ensuite le premier gros cube de la soirée les londoniens de The Noisettes. Ca fait quelques mois que j’ai flashé sur leur premier album « What’s the time, Mr Wolf » dont je vous ai déjà entretenu, sans avoir jusqu’à présent l’occasion de vérifier la chose en live. C’est désormais chose faite. Shingai Shoniwa, sexy en diable dans son body en tulle noire, est une chanteuse remarquable, c’est aussi une véritable liane, une bête de scène qui alterne la basse et la guitare. Qui n’hésite pas à sauter dans la fosse et grimpe sur le dos d’un des spectateurs (veinard !!). Grimpe sur la grosse caisse de la batterie, se roule par terre, chante allongée sur le dos. Plutôt physique les Noisettes. Le batteur Jamie Morrisson et sa tignasse pas possible se tord dans tout les sens derrière son kit parfois il joue à mains nues et frappe du poing les cymbales. Et enfin le troisième larron le guitariste Dan Smith qui part dans des solos sauvages. Par rapport à l’album, le concert me paraît plus brut de décoffrage. Cependant le morceau «Cannot even (Break free) » a pris une toute nouvelle ampleur sur scène : la musique commence avec une batterie jazz avant d’attaquer un pont lourd comme le métal. Un sacré mélange bien à l’image de ce groupe multiracial. Le batteur Jamie Morrisson, particulièrement en forme, fout en l’air sa batterie à coups de pieds. Ca a le mérite de clarifier les choses, c’est clair il n’y aura pas de rappel. Le trio quitte la scène en saluant la foule, se frappant la poitrine le pouce en l’air, ils ont l’air d’apprécier l’ovation du public. Pas facile après ça de passer à la new wave classieuse des Editors (voir mes messages des 6 avril et 18 juillet) et, j’aime beaucoup ce groupe mais on a une fois encore l’impression de passer d’une extrême à l’autre. La Cigale est désormais pleine comme un œuf et réserve au quatuor un accueil triomphal. Le groupe est mené par l’intrigant chanteur/pianiste/guitariste Tom Smith, qui est, paraît-il, plutôt timide et réservé dans la vie et qui se transforme dès qu’il pose un pied sur scène. Cet homme là vit intensément ses paroles et sa musique, fait de grands gestes des bras, grimpe sur le piano et tourne dans tous les sens. Il bouge comme un pantin désarticulé. Le groupe est parfaitement à la hauteur de l’événement et livre un set (à peu près complet) remarquable. Le son est énorme, assourdissant. C’est sur scène que les Editors délivrent leur pleine puissance. Une prestation d’anthologie à graver dans le marbre. Carrée et solide.

samedi 10 novembre 2007

The Sweet Vandals, La Maroquinerie, 8 novembre 2007.







La pluie commence à tomber en ce jeudi soir, aussi je sprinte, et manque de me rétamer lamentablement, sur le pavé humide pour me mettre à l’abri. Et puis, j’ai aussi rendez-vous avec le quintet madrilène de The Sweet Vandals dont je vous ai entretenu un peu plus tôt cette semaine.

Les instruments sont disposés de manière originale, sur le côté gauche de la scène se trouve l’orgue Hammond (garanti vintage) en face et à l’autre extrémité de la scène, la batterie est installée. Dans le fond, deux micros destinés au guitariste et au bassiste et enfin tout devant sur le bord de la scène le micro principal pour la chanteuse. Le groupe se fait comprendre en baragouinant un mélange d’anglais, d’espagnol et de français rudimentaire.

Faisons maintenant un peu mieux connaissance avec nos nouveaux amis espagnols. Au chant Mayka « muy caliente » Edjole, déhanchement très sexy, torride, provocante même quand elle entonne « I got you man ! » pointant du doigt le public ; l’assistance masculine présente approuve et le fait bruyamment savoir. A la guitare José Angel « Yusepe » Herranz, petite teigne, râblé, habile, on lit dans son regard son appétence à bouffer tout le monde. A la basse Santi « Sweetfingers » Martín, le groove fait homme, impeccable. A la batterie Javier « Skunk » Gomez, son association avec Santi Martín laisse rêveur, cet homme là groove, swingue, c’est aussi, accessoirement, le beau gosse du groupe. Et enfin Carlo Coupé à l’orgue Hammond ; inspiré, son orgue déferle tel des vagues sur le rivage. Jouons maintenant à un petit jeu initié par Mayka : dans un premier temps, elle chante « let’s get down, down, down » puis petit s’accroupie, imitée par le bassiste et le guitariste puis par le public. Une fois que tout le monde est genoux à terre, Mayka entonne « let’s get high, high, high… » (Petite variation autour du « take you higher » de Sly Stone) puis tout le monde se remet debout et le groupe de partir en live dans un tourbillon groove terrible, redoutable. C’est une grande ovation et entièrement méritée qu’ont récolté les Sweet Vandals. Ces derniers ont apprécié et l’ont fait savoir saluant la foule en se frappant la poitrine de la main, levant le pouce au moment d’attaquer le rappel. Deux reprises « What’s going on » (Marvin Gaye) et « Papa’s got a brand new bag » (James Brown), on se serait cru (enfin presque) à l’Appollo Theatre au cœur de Harlem !
www.myspace.com/thesweetvandals

mercredi 7 novembre 2007

Wraygunn : Shangri-la




C’est l’événement de l’automne, les Portugais (après les Sweet Vandals, la péninsule ibérique est à l’honneur cette semaine !) de WRAYGUNN sont de retour !!!!! Petit rappel des faits, il y a deux ans, Wraygunn avait mis tout le monde K.O. avec un album, « ecclesiastes 1.11 », ébouriffant, affolant, cocktail unique de rock garage, blues, soul et de gospel. Un album exceptionnel qui est destiné, j’en suis sur, à devenir un classique. Deux années se sont écoulées et « ecclesisates 1.11 » s’écoute toujours en boucle sans donner l’impression d’en avoir fait le tour, tellement le disque regorge d’ingéniosité. Et donc, maintenant se pose l’éternelle et angoissante question, comment donner une suite digne de ce nom à un chef d’œuvre pareil, la barre a été placée sacrément haut. Premier argument en défaveur du gang des Portugais, l’effet de surprise ne joue plus, cette fois le club des sept de Coimbra est attendu au coin du bois. Ce nouvel opus se démarque du précédent, le groupe a abandonné tous ces petits arrangements électro et les scratches, pour se consacrer au Fender Rhodes et à l’orgue Hammond plus roots. Plus de chœur gospel non plus, mais la belle Raquel Ralha et la nouvelle venue Selma Uamusse donnent efficacement de la voix et embellissent les chansons de chœurs inspirés. Paulo Furtado, le chanteur et guitariste, véritable leader du groupe, lâche un peu la bride sur ce nouveau disque et laisse plusieurs membres du groupe, notamment le claviériste Francisco Correia participer à l’écriture des chansons. Mais Paulo reste le grand maître d’œuvre à bord qui a produit le disque et participé à son mixage. Aussi, il faut un peu de temps pour apprivoiser la bête et l’on reste un peu dubitatif lorsque l’on écoute le disque pour la première fois. Mais rapidement la machine tourne à plein régime, la guitare de Furtado est tranchante comme jamais, la magie opère toujours. « Work me out », « Ain’t it nice ?», « Hoola Hoop Woman », « Just a gambling man », « Silver bullets », « Boom-boom ah-ah » sont autant de réussites au fort parfum de revenez-y. L’album se termine par la reprise « No more my Lord », un traditionnel des années 30 comme quoi le gospel n’est pas tout à fait absent du disque. Shangri-la est peut-être un cran au dessous de l’album précédent mais reste une très belle réussite et un sacré accomplissement. Et si le meilleur groupe de rock n’roll était Portugais ?

http://www.wraygunn.com/
www.myspace.com/wraygunn

mardi 6 novembre 2007

The Sweet Vandals




Qu’il est bien loin le trou noir des années 80 et 90, quand la musique noire était au point mort sous le joug « dance » des radios FM. Le temps du Rn’B fumeux et autres new jack foireuses est révolu ! On assiste à une véritable renaissance, la soul, le funk sont tels le phoenix renaissent de leurs cendres. Et j’ai trouvé cette semaine une nouvelle raison de m’ébaudir en la personne des Sweet Vandals. Ces derniers sont espagnols (précisément de Madrid) et sont signés sur le même label que Nicole Willis. Le son est sale, rentre dedans, « down earth », James Brown (époque « Payback ») et les Meters ne sont jamais bien loin. Une efficacité redoutable. Nos vandals sont cinq : guitare, basse, batterie, orgue Hammond B3 et une chanteuse, cousine éloignée de Lisa Kekaula (The Bellrays) et de Betty Davis. Pour évoquer des références plus récentes, on pense au Dap-Kings (le groupe de Sharon Jones) qui auraient échangé les cuivres pour l’orgue Hammond. Quelques titres plus soul « Beautiful », l’instrumental « Nite Lites » donnent un peu d’air. L’album contient 11 titres originaux et 2 reprises, notamment « Papa’s got a brand new bag », le soul brother #1 serait fier.

Cherchez en priorité la version incluant les deux bonus tracks « Too Much » et surtout « Runaway people » avec un plan de guitare rythmique absolument dingue. Gros coup de chaleur à prévoir à l’écoute de ce disque !

www.myspace.com/thesweetvandals

lundi 5 novembre 2007

Joss Stone, le Grand Rex, 4 novembre 2007.


Si je suis parfois très critique envers la jeune Joss Stone (elle vient d’avoir 20 ans cette année), c’est avant tout par ce que j’ai du mal à comprendre comment elle a pu en arriver là. Joss a débarqué comme par effraction en 2003 sur la scène soul (elle avait à peine 16 ans). Sur la foi d’un premier album d’excellente facture (the soul sessions), tout le monde était persuadé que l’on tenait là une nouvelle soul girl blanche. Il n’en est plus vraiment question puisque la suite (soit deux albums), entre rock FM et R n’B un peu trop estampillé ado/MTV pour mon goût personnel, n’a jamais retrouvé le sel qui faisait le charme du premier disque. Elle a beau avoir retrouvé un semblant d’inspiration sur quelques titres de son dernier disque (Introducing) grâce à son association avec le producteur Raphael Saadiq (un ex-Toni, Tony, Tone et Lucy Pearl) l’ensemble reste trop aseptisé pour moi. Aussi je n’attendais pas grand-chose de son passage au Grand Rex, ou je suis plus allé par curiosité qu’autre chose. Et aussi après l’avoir vu chanté sur Arte dans l’émission « One Shot Not » ; même si l’emballage ne me convient pas vraiment la princesse aux pieds nus a quand même un joli grain de voix.




Le Grand Rex donc est un cinéma, une salle de concert et une boîte de nuit. La salle est toute en verticalité, la vue est assez impressionnante des derniers rangs en plongée vers la scène. Les murs latéraux sont décorés de façades factices agrémentées de faux palmiers et de quelques statues. Un grand demi cercle rouge en délimite la scène en hauteur jusqu’au plafond. Joss est en formation « big band » ce soir : trompette, saxophone, batterie, trois choristes (2 femmes et un homme), deux claviers, basse et enfin last but not least Mr Cool, Raphael Saadiq à la guitare. Comme d’habitude, très classe le Raphael : costume avec gilet et sans veste, chemise bleue, cravate assortie et chapeau. C’est une excellente surprise, le son est beaucoup plus naturel que sur l’album, moins d’effets tapageurs, plus soul. Les meilleurs titres sont quant même extraits du premier disque : « Super Duper Love » et « Felt in love with a boy ». Saadiq est plutôt inspiré à la guitare lorsque l’occasion lui est donnée de briller, ce qui n’arrive quand même pas souvent. La prestation pourrait être taxée au minimum syndical, un set d’une heure et deux rappels. C’est sympa comme soirée mais ça ne remue pas la petite cuillère plus que ça. Le terme « génie » n’a définitivement pas sa place ici.

jeudi 1 novembre 2007

Raul Midon : A world within a world.


J’ai fait la connaissance de Raul Midon, complètement par hasard, dans une chambre d’hôtel sordide de Chicago, par écran de télévision interposé où il chantait en live et solo son nouveau titre « pick somebody up ». J’ai été immédiatement soufflé par la classe et la maîtrise du bonhomme. Raul Midon, c’est le pendant masculin de la nouvelle génération de chanteuses soul (Sharon Jones, Joy Denalane et Nicole Willis voir mes messages des 14 janvier et 28 juillet) que j’évoque souvent sur cette page. Raul Midon qui sort ces jours-ci son nouvel album « A world within a world » ; un monde à l’intérieur d’un monde, référence directe à la cécité de l’auteur. Raul et sa guitare folk c’est un peu le croisement entre l’extravagance pop d’un Stevie Wonder (qui a joué de l’harmonica sur « State of mind », le disque précédent de Midon) et l’acoustique chère à Terry Callier. Tout au long de cette courte collection de chansons, Midon fait montre d’un talent certain pour trouver ces « hooks », ces petits refrains pop/soul que l’on ne peut s’enlever de la mémoire. Beau talent vocal également, tous les solos de trompette que l’on croit entendre (« pick somebody up » ; « all the answers ») sont en fait Midon, qui imite l’instrument avec sa voix. L’affaire est sacrément bien engagée les quatre premiers titres sont superbes : « pick somebody up », « save my life », « all the answers » et le gospel a cappella « ain’t it happened yet ». Sur ce nouveau disque Midon rend aussi hommage à ses racines d’Argentine avec une chanson en espagnol « Caminando » et « Tembererana » au rythme latin. Hélas, triple hélas ce qui a débuté comme un chef d’œuvre, futur classique se termine en queue de poisson. Arrivé à mi-parcours, Midon se perd en cours de route et adopte les rythmes et les tics agaçants du R n’B contemporain assez éloigné de mes goûts personnels. Dommage, mais « a world within a world » n’est reste pas moins un album encourageant de la part d’un artiste en devenir.

http://www.raulmidon.com/
www.myspace.com/raulmidon