mardi 16 janvier 2018

Useless : « Neglect »



Si nombreuses sont les formations à chercher l'inspiration dans le triangle d'or de la fin des années 60 et du début des années 1970, Useless déplace le curseur deux décennies plus avant. Vocaux écorchés, un soupçon d'expérimentation lo-fi dans le traitement des guitares, savamment saturées il va de soit, le groupe suisse se pose en digne héritier des années grunge et noise. Cependant, le contenu est tellement frais et enlevé que l'on ne saurait réduire l'EP (5 titres) à cet angle nostalgique, fort plaisant par ailleurs. Produit et écrit avec soin, joué avec autorité (cf. les circonvolutions de « Dreamer », l'intro à cappella de « Cerebral coma ») cet EP constitue de bien beaux débuts marqués d'un sceau intemporel. Une prometteuse et belle découverte.

https://weareuseless.bandcamp.com/album/neglect
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lundi 15 janvier 2018

Pumarosa : « Piano sessions »



Les excellents Pumarosa (ou plus exactement la chanteuse de) sont de retour avec cet étonnant EP (disponible en digital uniquement). La chose nous surprend par sa nature minimaliste, une voix, un piano et c'est tout, étonnante pour un groupe ayant construit sa musique sur sa sophistication, un habile mélange des genres et un dynamique impulsée par la section rythmique (par nature absente de ce projet-ci). Ceci étant posé, maintenant, que penser de ces trois titres. Le fait est qu'il est maintenant nécessaire pour les groupes d'alimenter la machine digitale/numérique par tous les moyens possibles, d'où l'incessante inflation de vidéos et autres sessions acoustiques en tout genre. Il ne fait guère de doute que cet EP répond, mais avec talent, à cette problématique. Maintenant il est toujours intéressant d'écouter ces versions dépouillées. Car une bonne chanson se doit de tenir la route avec un simple piano et une voix. A ce titre, la superbe « Priestess » est toujours aussi hypnotique même réduite de moitié. Au fil des titres, une certaine vérité se dégage dans la voix d'Isabel Munoz Newsome. Pas question de se planquer derrière des artifices de production, un trafiquage quelconque ou un son à la mode. Non, il s'agît de jouer cartes sur table et de se sortir les tripes, là, tout de suite, maintenant. C'est, dans le fond, assez émouvant.

En concert le 17/01 à Paris (Point Ephémère)
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https://pumarosamusic.lnk.to/PianoSessions





samedi 13 janvier 2018

Mike Brookfield : « Brookfield »



Après avoir arpenté, sa guitare sous le bras, les clubs de jazz de New-York, les comédies musicales du West End et s'être consacré à l'enseignement, via une chaine Youtube, Mike Brookfield trouve le chemin du studio, celui qui aurait dû être le sien depuis le début. Le visage taillé à la serpe, le musicien sort un album à son image, brut, parfois dur (« Zombie craze »), sans concession aucune. C'est surtout un disque comme on en fait encore rarement, celui d'un musicien virtuose mettant sa dextérité au service d'un répertoire de haute volée (« Beaten to death by the blues », "Hi class shoes", "Gun crime"). Un disque d'un autre époque comme en faisaient les grands anciens, les Clapton, Hendrix, Jeff Beck ou les mésestimés Robin Trower et Jessie Ed Davis. Car il va sans dire que notre homme connaît ses classiques et ce n'est certainement pas un hasard si son album débute avec un titre intitulé « A message for Willie Johnson ». Ce nouvel effort, Mike Brookfield l'a conçu en petit comité avec l'aide du parolier Eamon Carr et du batteur Andrew Lavery, Brookfield se chargeant de tout le reste, histoire d'assurer la pérennité de sa vision. Un album hautement personnel, où la variété des climats et des ambiances trouve une unité dans le flot délié de la six cordes, avec deux balises en guise de repères : le blues (dans une version très électrifiée, quasi électrocutée) et le classic rock, une poussée de fièvre hard rock, les potentiomètres dans le rouge, pour pimenter la chose. L'album sent la transpiration, le duo de musiciens bataillant avec ses instruments jusqu'au petit matin, les cordes et les amplis triturés jusqu'à leur dernier souffle. 

https://www.mikebrookfield.com/
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mardi 9 janvier 2018

Festival au fil des Voix du 29/01 au 14/02


Comme chaque année, l'ouverture culturelle du Festival au Fil des Voix permet de commencer l'année de bien belle façon dans le cadre intime de l'Alhambra. Un coup de cœur en vue cette année pour le trio blues/rock Delgrès (le 29/01), originaire des Antilles et dans l'esprit de la Nouvelle-Orléans...

Zombie Zombie le 2 février au Palais de la Porte Dorée



Zombie Zombie commence l'année par un concert dans un cadre inhabituel : le Palais de la Porte Dorée...


PALAIS DE LA PORTE DORÉE / CONCERT / ZOMBIE ZOMBIE from ROCKII films on Vimeo.

lundi 8 janvier 2018

R. Missing : « Unsummering »



Premier mini album pour ce mystérieux duo venu de New-York. Si l'on en croit leur biographie, les deux membres du groupe, le musicien Toppy et la chanteuse Sharon Shy viennent tous les deux de la scène rock indépendante. Et cela s'entend sur les six titres de cet effort inaugural. Si R. Missing œuvre dans le genre électro, le groupe n'oublie pas cependant ses origines rock incluant dans sa musique de nombreux éléments évoquant pèle-mèle les années 1980 et les mouvements cold et dark wave. Cependant, il n'est nullement question ici d'un quelconque revival. Délaissant le côté clinquant des eighties, R. Missing préfère mettre l'accent sur l'ambiance. Il se dégage ainsi un côté envoutant et hypnotique, magnifiquement incarné par la voix diaphane et sublime de la chanteuse (« Kelly was a Philistine », « Unsummering ») sans oublier de rythmer un peu la chose pour éviter de sombrer dans la léthargie (« Deeper Holes », « Birthright »). Plutôt qu'un hasardeux remake des années 80, le disque évoque plus une version électronique de groupes comme Interpol, Motorama ou Editors (celui du premier album), reprenant à son compte cet aspect cotonneux, minimaliste en quelque sorte, et cette vague glacée de synthés vaporeux. Une formation électro propre à séduire les fans des Cure ou de Joy Division. A découvrir…

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dimanche 7 janvier 2018

County Jels : « Working on the farm »



Sorte de super groupe de l'ombre, les quatre musiciens de County Jels (Eric Sauviat, Sébastien Chouard à la guitare, le bassiste Laurent Cokelaere et Julien Audigier, le batteur) ont tous accompagné quelques stars de la chanson française. Leur groupe, County Jels, est une sorte de retour à la source : le rock n'roll, le blues. Et on se pince pour croire que ce groupe est français, vraiment ? Ce n'est pas très compliqué, avec « Working on the farm », les County Jels ont sortis l'album idéal pour la voiture, enfiler les kilomètres le long d'une highway en ligne droite, traversant un désert poussièreux, bordé par les cactus, sous un soleil de plomb et un ciel céruléen. Chez les County Jels, pas d'effet de manche, ni de virtuosité gratuite. Chaque note jouée a du sens, chaque piste déborde d'un feeling traduisant une compréhension du blues et du rock n'roll au-dessus de la moyenne. Du blues et du rock n'roll car pour nos quatre desperados, l'un ne va pas sans l'autre, le groove de l'un rencontre l'énergie (canalisée et jamais débordante) de l'autre. De l'art d'attaquer les cordes sans trop en faire (« Lucie »). Autant de qualités mises au service d'un répertoire 100 % original, qui, c'est assez rare pour être souligné, n'est pas ridicule en anglais, et produit avec un soin extrême : nos oreilles sont aux anges !

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samedi 6 janvier 2018

Dätcha Mandala : « Rokh »



Tout commence par un break de batterie funky. Le début des années 1970, rêvées, fantasmées, pour horizon, le trio Datcha Mandala, que l'on avait déjà repéré sur nos radars grâce à un excellent EP (sur lequel on a découvert la mélancolique « Misery » que l'on retrouve ici), nous invite à grand bain de musique. Trois composantes sont au menu : des guitares rageuses et saturées (« Anâhata », « Uncommon Travel »), pour autant de démonstrations de virtuosité, des délires psychédéliques en pagaille (« Have you seen the light ? »), et qui prennent tous leurs sens dans des compositions au long cours au-dessus des cinq minutes, et enfin une note de blues nécessaire (l'excellente « Da Blues ») pour le bon goût de la chose. Titre après titre (huit au total), l'album s'impose comme la bonne surprise de la fin 2017. L'influence de Led Zeppelin plâne au-dessus de ce disque, les vocalises du chanteur rivalisent avec celles du Robert Plant du début : qui aurait pû imaginer la France capable de produire un groupe pareil, même à Bordeaux ? Un point d'orgue pour finir, la dantesque « Loot », placée stratégiquement en toute fin de programme, signe des grands disques, douze minutes au compteur (qui dit mieux?) en forme d'ascenseur émotionnel speedé, dont l'auditeur ressort tout chamboulé.


vendredi 5 janvier 2018

The Lords of Altamont : « The Wild Sounds of The Lords of Altamont »



Attention, tous aux abris, The Lords of Altamont sont de retour pour semer la terreur sur vos enceintes ! Dans le fond, rien de plus normal pour un groupe au patronyme aussi sulfureux. Venus de Californie, The Lords of Altamont sont probablement la plus belle chose qui nous soit arrivée en termes de rock n'roll garage. Si l'on considère le rock n'roll comme une pièce de monnaie, alors The Lords of Altamont en sont le côté pile (chant écorché, guitares rageuses) et le côté façe (le groove de l'orgue et de la section rythmique). Le yin et le yang. Ainsi la dynamique qui anime le groupe est délicate et en constant équilibre. Plutôt que de sombrer dans un chaos fracassant de guitares, The Lords of Altamont cherche la musicalité et dégaîne en « Take a walk » et «(ain't) Revolution » autant de modèles de psychédélisme teinté de punk (si, si cela existe). Une fois de plus, ce nouvel effort baigne dans cette ambiance bikers (les guitares rugissent comme les gros cubes) teintée de fétichisme sixties, plus proche de celui des pré-punks de Detroit, que du flower power en dépit de la proximité géographique. Prêts à faire rugir les moteurs ?

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jeudi 4 janvier 2018

Utro : « Third Album »



Pour ceux qui l'ignorent, Utro est le projet parallèle de Motorama, un formidable groupe cold wave. Mêmes influences, mêmes musiciens, une différence de taille cependant, Utro chante exclusivement en russe, la langue natale des musiciens. Loin d'être un détail, l'utilisation du russe change considérablement la donne. Ecouter ce nouvel effort d'Utro, c'est un peu comme tomber dans une faille temporelle ou naviguer dans un entre-deux bizarre enveloppé d'une aura mystérieuse où même si on ne comprend pas le moindre mot, on réussit tout de même à ressentir les émotions véhiculées par cette voix lointaine et blafarde. Musicalement, Utro se place sur un plan parallèle à Motorama, pratiquant avec brio ces ambiances cold wave, très marquées par les années 1980, mais plus expérimentales. La batterie applique un rythme implacable, au point de sonner comme une boîte à rythme, les lignes de basse sont envoûtantes et comme distantes ; on reste scotchés par le son glacial des synthés (que l'on imagine antiques) le tout est à la fois envoûtant, hypnotique quoique ténébreux (la guitare, en revanche, occupe un place réduite). Comme chez Motorama, Utro donne son plein potentiel sur des formats très courts, autour des trois minutes, ce nouvel album, huit titres, est d'une concision bienvenue. Et il n'en faut guère plus pour succomber aux charmes et au mystères de l'Extrême-Orient, comme dans une vieille BD de Corto Maltese.

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http://ytrorty.com/

mercredi 3 janvier 2018

Henri Caraguel : « Back to my best beaches »



Le design minimal et épuré de la pochette pourrait faire penser à l'album « Boys don't cry » de The Cure. Mais, en l'espèce, la comparaison est déplacée au point que ce court EP pourrait s'inscrire comme une œuvre opposée à celle des Anglais. Spécialiste des instruments à cordes, notamment de la lap-steel qui occupe une place prédominente ici, Henri Caraguel met en sons ses souvenirs de bords de mer. Et le résultat est délicieux ! Ces quatre plages (le terme est pour le moins approprié) naviguent entre charme rétro, teinté d'américana, et exotisme acoustique (Hawaï n'est jamais bien loin), rythmé par le roulement délicat des vagues, samplées pour l'occasion. Il se dégage de ces quatre titres une candeur enfantine, une sorte d'innoncence rafraîchissante qui rappelera à chacun ses propres souvenirs de chateaux de sable. En quatre titres et douze minutes chrono, Henri Caraguel nous offre un peu de chaleur à se mettre entre les oreilles et le meilleur des remèdes au froid et à la pluie. A écouter tous les matins avant de prendre le métro ! 

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mardi 2 janvier 2018

Nick Garrie : « The Moon & The Village »



Qui sait si on ne tient pas là une nouvelle belle histoire de résurrection, un conte de fées comme l'industrie musicale sait parfois en écrire (cf. Rodriguez) ? En 1968, Nick Garrie, alors jeune homme, donne quelques concerts sur la Côte d'Azur avant d'être repéré par Lucien Morisse, ancien directeur général d'Europe n°1 et patron du label Disc'AZ, le découvreur de Polnareff, qui lui offre sa chance. Son premier album « The Nightmare of JB Stanislas » sort en 1969, uniquement en France sans rencontrer le moindre succès, et devenir au fil des années une pièce rare recherchée des collectionneurs. S'en suit pour le musicien une vie de roman qui l'aura vu alterner les boulots avant de renouer, de manière assez inattendue, le fil de son histoire sur le vénérable label Tapete (le refuge de Bill Pritchard et de Lloyd Cole entre autres). Dès le premier titre la pureté cristalline de la musique se fait jour. Touché de guitare acoustique délicat, arrangements classieux et soignés (cordes, vents, piano), Nick Garrie s'inscrit dans la tradition du folk britannique avec tantôt un soupçon de mélancolie à la Nick Drake (« Early morning in the garden », « My dear one ») tantôt une point d'excentricité so british (« Bacardi Samuel ») ; autant de qualités bien servies par une qualité d'écriture constante et de haute volée (notons au passage un titre en français : « Ma petite Catherine »). La remarquable concision du disque, 26 minutes donc sans temps morts ni trop plein, renoue avec la durée d'écoute d'un bon vieux vinyle et permet à Garrie de se réinscrire, encore un peu plus, dans le droit fil de L'Histoire. Seule la voix de Nick semble trahir un peu le passage des années, trahissant le subtil détachement du vieux routier à qui on ne la fait plus. Un classique instantané, un album intemporel, qui s'apprécie encore plus sur un support physique.

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lundi 1 janvier 2018

Lhasa : « Live in Reykjavik »



Ce premier janvier marque le huitième anniversaire de la disparition (à l'age de 37 ans) de Lhasa de Sela, chanteuse que l'on redécouvre avec cet enregistrement live à Reykjavik. A l'époque (2009), ce concert devait donner le top départ d'une tournée mondiale dans la foulée de la sortie de son troisième, ultime et éponyme, album. Il n'en sera finalement rien, la tournée sera annulée après l'annonce de sa maladie qui, hélas, s'avérera létale. Pour cette tournée, Lhasa avait assemblée une équipe de quatre musiciens, réduite et soudée : guitare, basse, batterie et harpe. Une orchestration classique et minimaliste dont le grand mérite est de remettre la voix de Lhasa au centre du jeu et de faire ainsi ressortir toute l'émotion de cette dernière. La chanteuse se savait-elle condamnée ? En tout cas, son chant charrie à lui seul une douleur, une émotivité qui ne peut laisser de marbre. Personnage étonnant, nomade, Lhasa était née aux Etats-Unis d'ascendance latino-américaine avant son installation à Montréal. Un parcours de vie digne d'un roman qui lui avait donné l'opportunité de s'exprimer (et de chanter) en trois langues : l'anglais, l'espagnol et le français en incorporant des éléments de ces trois cultures différentes, qu'elle avait su s'approprier, dans sa musique. Ainsi, le jazz, le blues et le folk ne sont jamais bien loin sans que l'on puisse pour autant classer sa musique dans aucune des trois catégories tant son rendu est unique, parsemé d'influences latines. Un melting-pot de musiques parfaitement rendu ici grâce à l'instrumentation intime rendant toute sa place à la note jouée en sourdine dans un émouvant silence. Lhasa aura traversé notre galaxie musicale telle une comète. Seulement trois albums (tous réédité en vinyle et dans un coffret intégral sorti pour les fêtes) excellents de bout en bout sans la moindre faute de goût. Mais si vous ne deviez posséder qu'un seul disque de Lhasa, c'est celui-ci tant il constitue un magnifique hommage dont la pochette est un auto- portrait de la chanteuse. Sublime, cet album vous retournera le cœur.

dimanche 31 décembre 2017

Sepultura : « Roots »



Grand succès à sa sortie en 1996 (2 millions d'exemplaires vendus), « Roots », grand classique du heavy metal signé Sepultura a bénéficié cette année d'une copieuse réédition, entièrement remastérisée et agrémentée d'un deuxième disque bonus de 17 titres. A l'époque de sa sortie, Sepultura se trouve au firmament du métal dans la foulée de deux albums couronnés de succès d'affilé, « Arise » (1991) et « Chaos A.D » (1993) avant que ne sonne pour le groupe brésilien l'heure du grand renouvellement en forme de retour aux racines. La démarche est relativement inédite pour un groupe métal et ressemble à celle de ces bluesmen qui vont rechercher une nouvelle inspiration du côté de l'Afrique. Le résultat est fondamentalement différent (il s'agît de thrash metal ne l'oublions pas) mais procède d'une même recherche identitaire. En l'espèce la fusion fonctionne au-delà de toutes les attentes. Il plane sur l'album une menace constante, la musique rugît, menaçante, inquiétante, telle un escadron de la mort survolant sa cible (« Lookaway »), avant qu'un déluge de percussions (assurées par Carlinhos Brown, omniprésent) ne s'abatte sur les musiciens (cf. « Ratamahatta »). Dans ce contexte, la dynamique qui anime le groupe relève de la lutte constante pour occuper le moindre espace disponible (cf. « Roots Bloody Roots », « Dusted »), la tension va crescendo et le quatuor en ressort galvanisé dans le sillage de la fratrie Cavalera. Au chant, Max s'arrache les cordes vocales sur chaque titre alors qu'Iggor fait subir les ultimes sacrements à sa batterie. Assumant la démarche jusqu'au bout, Max Cavalera et Carlinhos Brown se partagent le chant lusophone le temps de « Ratamahatta ». Mais l'essentiel est ailleurs. En mélangeant son métal dévastateur au chant des Xavantes, une tribu amazonienne, Sepultura touche là une corde sensible. Les éléments traditionnels apportent un incontestable supplément d'âme à la musique. Derrière le chaos, les décibels, le bruit et la fureur : les cœurs de quatre musiciens qui battent à l'unisson.

samedi 30 décembre 2017

Marquis de Sade : « 16.09.17 »



Dans la petite histoire du rock français, la date du 16 septembre 2017 restera dans les annales comme celle du retour, surprise, sur scène de Marquis de Sade. 40 ans après leurs débuts, séparés depuis 1981, ce come-back était autant inattendu qu'inespéré. Trois mois tout pile après le concert, à domicile à Rennes, forcément, le disque (CD/DVD) est déjà disponible dans les bacs avec une célérité peu commune. Sur scène, on retrouve donc l'ossature de Marquis de Sade le chanteur Philippe Pascal, le guitariste compositeur Frank Darcel, la section rythmique Eric Morinière/Thierry Alexandre ainsi que le saxophoniste Daniel Paboeuf. La touche play à peine enfoncée, la machine a remonter dans le temps s’enclenche et nous voilà de retour au siècle dernier. Point de célébration mortifère ici, les premières secondes de « Set In Motion Memories » suffisent à nous conforter dans l'idée que ce come-back était absolument pertinent. Le groupe n'a rien perdu de son tranchant. De quoi renvoyer les bambins de la cold wave 2.0, nostalgiques d'une époque qu'ils n'ont pas connue, à leurs chères études. Les guitares sont acérées ("Skin Disease"), la section rythmique pulse la chose avec efficacité et le charisme vocal de Philippe Pascal est à son zénith. Le groupe restitue à merveille l'ambiance froide de l'époque (cf. les synthés enveloppants de « Brouillard Définitif », « Rue de Siam ») et son aura mystérieuse (« Silent World ») alors que le saxophone nous ramène vers les racines stoogiennes de l'affaire (« Air Tight Cell »). Les titres défilent et on reste scotchés par l'intensité dégagée, la puissance de l'interprétation comme si les membres du groupe avaient un compte à régler depuis leur séparation, cette dernière ayant mis un terme prématuré à une aventure qui s'annonçait magnifique. Résultat : un grand disque de rock, un retour réussi au-delà de toutes les espérance à tel enseigne que l'on annonce un mini tournée pour 2018 (la participation du groupe au festival Art Rock, le 18 mai 2018 est déjà confirmée) ; quelle heureuse nouvelle !

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jeudi 28 décembre 2017

Strup : « Space is the place »



Mesdames et Messieurs, attachez vos harnais et prenez place à bord, le décollage est imminent. Aujourd'hui, Strup est aux commandes de notre vaisseau et se prépare à nous emporter au son de son « Galactik rock ». Entre autres mérites cet album possède celui, immense, de renouveler les idiomes psychédéliques (« W.I.T.S ») et progressifs (« Turbulences ») en évitant la mise en avant systématique des guitares au profit de synthés moog et d'arrangements soignés et inventifs pour peu qu'on y prête une oreille attentive. La rythmique classique, basse et batterie, équilibre la balance délicate de cet album (cf. « Whales in space ») naviguant entre deux eaux, regardant dans le rétro pour mieux aller de l'avant. Et c'est bien la première fois que l'on accepte aussi facilement l'autotune, gadget pour lequel on a fini par développer une véritable aversion. Peut-être parce que ce dernier est utilisé avec parcimonie et sert, intelligemment, le propos et l'ambiance générale du disque ? Et tout cela nous donne au moins deux bonnes raison de l'écouter.

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Bops



Avec ce premier album, les Rennais de Bops redonnent de nouvelles couleurs au rock garage. Sans influence aucune du Blues mais avec un œil du côté de la perfide Albion, les Bops vont rechercher l'inspiration du côté des grands noms du rock, passés comme présents, qu'ils prennent un malin plaisir à passer à la moulinette rock garage. Ainsi, « Mary » a un petit quelque chose des Kinks, la basse de « Mad Oyster » évoque plutôt les Cure et la scène cold wave alors que « No Voices » serait plutôt à rapprocher de la scène actuelle de San Francisco (Ty Seagall, Thee Oh Sees…) Mais arrêtons-là le petit jeu des comparaisons, car les Bops valent bien mieux que cela. En effet, une véritable personnalité se dégage au fil de ces douze titres et un art consommé de la tension/détente mettant alternativement en avant la mélodie, pour laquelle ils ont un talent certain (« Slit it », l'excellente « Jim ») ou le gros son (« Sing » part 1) speedé, dévalant le tube musical (« Sing » part 2). Et le tour de passe-passe fonctionne à tous les coups, il ne faut guère plus de trente secondes pour succomber au charme de cet album frais, enlevé et primesautier.

https://www.facebook.com/bops03/
https://bops.bandcamp.com/

mercredi 27 décembre 2017

Becca Stevens : « Regina »



Chanteuse bien connue, pratiquement dix ans de carrière et cinq albums au compteur, 2017 a vu la première sortie en solo de Becca Stevens. Et c'est une plongée dans l'inconnu pour la chanteuse/guitariste qui s'éloigne de plus en plus du jazz au profit d'une approche où le folk et la pop s'entremêlent harmonieusement dans une forme musicale des plus atmosphériques mettant en avant les chœurs et un travail vocal de premier plan (cf. l'audacieuse « Queen mab ») . En tout cas, cela lui va bien au teint, son grain de voix éthéré étant particulièrement bien à son aise dans ces ambiances aériennes, nuageuses, où même les poussées rythmiques se font dans une certaine douceur (cf. « 45 bucks », l'excellente « Mercury »). La main près du téléphone et avec l'aide de quelques amis (Laura Mvula, David Crosby) Becca Stevens accouche ainsi d'un album onirique propre à faire rêver les oreilles (cf. « Venus »). Un véritable travail d'exploration pour l'artiste qui trouve sa voie en dehors des chemins balisés. Un petit coup de cœur pour finir : le folk en apesanteur de « Lean on » et de « We knew love ».

http://www.beccastevens.com/
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mardi 26 décembre 2017

Rose Betty Klub : « Bleu »



Difficile de ne pas tomber sous le charme de l'album de cette formation originaire de Montpellier. En tête de pont, nous retrouvons la chanteuse Rose Betty, brune piquante, pleine de gouaille, et mettant ses capacités vocales élastiques au service d'un répertoire (100 % original) fleurant bon le vintage et les années 1950. La chose respire bon le swing sous toutes ses formes, il est bien entendu question de jazz donnant l'illusion d'un big band (« I hate you ») mais sans occulter d'autres formes plus rock n'roll (« Minnie Minnie ») où transpercent quelques notes de surf music (« Hawaii dream ») ou de blues (« Back to my sunnyboy »). Un accompagnement musical classieux, faisant l'aller-retour entre les styles pour, toujours, en revenir au jazz et qui sert à merveille le timbre sexy de la chanteuse. Foncièrement attachant, l'album est notre petit coup de cœur de cette fin d'année.

https://www.rosebettyklub.com/
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lundi 25 décembre 2017

Liz McComb : « Merry Christmas »



Véritable marronnier (le genre de sujet qui revient inévitablement sur la table tous les ans à la même époque) l'album de Noël est un passage obligé pour les artistes établis en même temps qu'un véritable casse-tête pour les véritables amateurs de musique. Répertoire convenu, grelots obligatoire toutes les trente secondes, rares sont les véritables surprises, dignes d'intérêt. Aussi on se risquera pas à déclarer que ce nouvel album de Liz McComb figure parmi les grandes réussites de l'artiste. En revanche, on peut affirmer sans problème que le présent disque figure sans aucun doute dans le haut du panier des albums de Noël et il y a plusieurs bonnes raisons à cela. Déjà parce que Liz McComb est une merveilleuse chanteuse au grain de voix à la fois doux et mélodique et qui révèle pourtant une petite cassure typiquement soul au fond de la gorge trahissant le vécu de l'artiste et rendant l'interprétation inoubliable (« Feliz Navidad »). Un timbre pareil est à même de transcender n'importe quelle scie indigeste. Cette voix magnifique, la chanteuse la met au service d'un répertoire (convenu, certes, mais avec des chansons originales tout de même) qu'elle s'approprie totalement soit avec délicatesse (« Oh holy night ») soit avec une imparable ferveur gospel (« Joy to the world »). Les chansons sont parfois très brèves, à peine plus d'une minute par moment, mais l'interprétation est impeccable, d'une impressionnante virtuosité (« Do you hear what I hear »), pleine de swing, sans faute de goût aucune. L'exercice de style reste la seule limite du disque, qui s'il ne révolutionnera pas le concept d'album de Noël, contribue néanmoins à le rendre plus agréable. 

http://www.lizmccomb.com/
https://www.facebook.com/liz.mccomb.official/
https://twitter.com/lizmccomb


jeudi 21 décembre 2017

DownTown Mystic : « On E Street »



« On E Street », le titre est tout trouvé pour le nouvel EP de cette formation étasunienne qui compte pour l'occasion deux membres du fameux E Street Band de Bruce Springsteen. C'est en effet le tandem Max Weinberg/Garry Tallent qui forme l'ossature rythmique du groupe. Et il y a, en effet, un petit quelque chose du Boss dans ces quatre titres, mais, la voix, très différente, coupe court à toute forme de comparaison hasardeuse. On retrouve cependant ce souffle épique, ce rock qui n'oublie pas l'importance du roll et cette volonté pop infusée dans ce cocktail, très américain par essence, de blues et de rock n'roll. En résumé, un petit bonheur tout simple pour les oreilles. Ne pas avoir inventer la roue n'empêche pas de savoir la faire tourner avec talent et inspiration.

http://downtownmystic.net/
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mardi 19 décembre 2017

Summer : « Front Wave »



Formation au nom délicieusement ironique, si l'on en croît les paroles d'« ETE » qui ouvre le disque, Summer, se trouve au croisement du punk (influence particulièrement sensible dans cette façon de déclamer les textes) et de l'électro industrielle. Il en résulte une forme musicale assez violente, mais pas dénuée d'émotion. L'addition des guitares fracassantes et du beat, lourd et implacable, produit des effets étonnants, parfois fascinant (« Je veux », « Wynona ») voire même hypnotique dans son versant le plus minimaliste (« Aquabiking », « Dieu est mort », « LYDON »). Une poésie du larsen, qui se dévoile au fil des titres et atteint son climax en un temps record (l'album tient en 20 minutes). Touchant et nostalgique aussi dans sa façon oblique d'évoquer certaines figures marquantes (« LYDON », « Wynona »). Aussi courts soient-ils les titres, les sons, s'impriment durablement dans l'inconscient de l'auditeur. Difficile de ressortir indemne d'un tel disque… Incandescent.

https://summer3.bandcamp.com/album/front-wave
https://fr-fr.facebook.com/Summer-front-wave-421994981204111/
http://www.summersite.fr/

lundi 18 décembre 2017

Livia : « Le blaireau riche »



Premier EP pour cette jeune artiste, pianiste de formation. Entourée d'un groupe à la composition étonnante, basse et beatbox pour l'assise rythmique, Livia développe un univers tout en contrastes où les mélodies, légères et primesautières, ont ce « je ne sais quoi » pop d'enfantin (cf. « La Mastication »). Un aspect innocent bien vite contrasté par des paroles aux phrases parfois crues (« J'aurais presque préféré »), subversives ou graves (« L'histoire de ») mais toujours avec humour, servies de sa belle voix au timbre mélodique. Un amour du mot, du verbe qui amène, finement et tout en douceur, du sens et de la profondeur à sa démarche artistique.

https://www.livia.fr/
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dimanche 17 décembre 2017

Cabadzi : « X Blier »



Tout ça pour ça ! Lorsqu'on a eu vent pour la première fois de ce projet de Cabadzi autour de Bertrand Blier, on s'est pris à rêver à un croisement inédit entre musique et cinéma, les espoirs les plus fous étaient nés. De fait à l'écoute le lien avec l’œuvre de Blier apparaît pour le moins ténu. Le cinéaste a bien donné son autorisation mais le groupe n'a, pour autant, pas utilisé de samples des dialogues mais repris quelques phrases extraites de ces derniers et écrit ses nouveaux morceaux autour. Le concept est bancal et pas vraiment exploité au maximum. L'autre problème du disque vient, à notre sens, de son instrumentation. Confronté à une défection massive d'effectif, Cabadzi est dorénavant réduit à sa plus simple expression : un duo. D'où le choix de cette instrumentation majoritairement électronique qui tabasse parfois un peu trop fort à notre goût (« Oui »). Un rendez-vous manqué…

http://cabadzi.fr/

Louis Arlette, Studio Atlas, 14/12/2017



Jeudi dernier, en début de soirée, Louis Arlette a présenté les titres de son futur premier album le temps d'un showcase privé dans le cadre un peu intimidant (mais à l'acoustique merveilleuse) du studio Atlas, où les murs sont décorés avec les disques d'or obtenus par Air, les propriétaires du lieu. C'est, comme il le dit lui-même, « une page qui se tourne » pour Louis qui lance sa carrière après avoir travaillé longtemps comme ingénieur du son dans ce même lieu, « le moment est venu » comme il le chante si bien. Le showcase illustre à merveille l'évolution de Louis entre ses deux premiers Eps qui désormais ose et assume les guitares à plein volume (« L'avalanche ») tout comme les arrangements de plus en plus électroniques (cf. les deux versions différentes de « Le moment est venu », titre présent sur ses deux eps). Le silence se fait, cérémonieux, une légère tension est palpable dans l'air. Sur scène les corps des musiciens sont tendus et le déluge commence. Pour le public dans la salle, c'est un choc. Violent. A lui seul, Louis Arlette rend caduque toute notion de genre ou de style. Le chant en français se superpose sur une ambiance post-apocalyptique entre guitares saturées et nappes électro qui ne manque pas de ménager une petite place pour quelques dérives instrumentales et planantes (« Jeux d'or »). Nine Inch Nails n'est jamais bien loin, Jacques Brel (reprise étonnante, « électronisée » de « Je suis un soir d'été » ) non plus. On reste béat devant l'investissement physique des musiciens, la vision de la guitariste les yeux fermés emportée par la musique ou la puissance de la batterie (celle de Virgin Suicide, et ouais!!!), indispensable pour ce rendu influencé par l'indus, toujours à la recherche de la note juste, celle qui nourrira le feeling. Le groupe semble uni et compact, déjà rôdé pour la scène, et clôt ainsi, de fort belle manière, notre année de concert. Le premier album de Louis, « Sourire carnivore » sortira le 19 janvier 2018 et s'annonce déjà comme un événement de l'année à venir. Nous en tout cas on y croit. 

En concert à Paris (la boule noire) le 14/02/2017




samedi 16 décembre 2017

Liz McComb, Eglise Saint-Sulpice, 08/12/2017

(c) GVE

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Dans le cadre majestueux, quoiqu'un peu frisquet en cette saison, de l’Église Saint-Sulpice, Liz McComb a donné un concert un peu particulier en ce vendredi soir, consacré, en grande partie, au chants de Noël. Les musiciens, tous excellents, ont devant eux un sacré défi : la résonance et l'écho de l'édifice baroque de 1870. Pas évident, est-ce la raison pour laquelle ils nous ont semblé sur la réserve toute la soirée ? Comme si les notes étaient soigneusement retenues empêchant en quelque sorte de laisser le groove se développer. Titre après titre, on se laisse toutefois gagner par la ferveur typique du gospel mais la musique aurait certainement gagné à être jouée dans un lieu un peu mieux adapté.


(c) GVE

(c) GVE

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vendredi 15 décembre 2017

Gloria : "The rain is out"

Sorte de girls group typiquement 50s perdu en plein territoire psychédélique, très marqué par les années 1960, Gloria nous avait littéralement séchés en début d'année avec un magnifique premier album, "In Excelsis Stereo". Heureuse nouvelle, le groupe sera de retour en mars prochain avec un nouvel EP, "Oîdophon Echorama" dont un premier extrait vient d'être révélé.

mercredi 13 décembre 2017

Orouni : « Somewhere in dreamland »



Ce nouvel EP d'Orouni s'intitule « Somewhere in dreamland » et, tout bien considéré, on n'aurait pas pu trouver un titre plus approprié. Car, ainsi est la musique rêveuse d'Orouni, toujours en transit, entre de multiples influences, perdue (dans le meilleur sens du terme) dans l'amas de leurs influences. Au premier rang desquelles on pourrait classer, sans aucun doute, la pop mais une pop voyageuse, arrangée avec forces instruments exotiques (des percussions, des vents, des instruments à cordes) ramenés de ça et là, qui fait que la musique saute allègrement d'un continent à l'autre. La rythmique représente le ciment pop de la chose alors que les nappes de synthés, qui arrivent un peu comme un cheveu dans le potage, apportent une note onirique, mi-rétro, mi-kitsch qui réveillent de nombreux souvenirs chez les enfants des années 1980. C'est la chanteuse franco-britannique Emma Broughton qui honore gracieusement ces quatre titres de son timbre éthéré. 

Www.orouni.net
www.facebook.com/Orouni

mardi 12 décembre 2017

La Louise : « Je Fume »



Sorte de personnage sortie du siècle dernier, complètement paumée dans le marasme des années 2010, La Louise, héritière des chanteuses réalistes d'antan, déboule avec un premier EP qui débute avec une affirmation forte, à contre-courant du politiquement correct actuellement en vogue : Je Fume ! Et oui, c'est comme ça et il va bien falloir s'y faire semble nous dire la chanteuse tout au long de ces cinq plages inaugurales où sa verve, sa gouaille, est mise au service d'un répertoire marqué par le rock et les guitares. Ici et là, derrière le personnage fort en gueule, semble poindre une artiste sensible, profondément humaine, le cœur sur la main (« Serre-moi », « 313 » sur un thème difficile mais traité avec délicatesse, « Le cœur net »). « Johnny est parti pour toujours » chante-t-elle sur un titre prophétique qui résonne bizarrement à nos oreilles ces jours-ci… Une artiste attachante et un univers personnel fort à découvrir…

http://www.la-louise.com/
https://www.facebook.com/LaLouiseII

lundi 11 décembre 2017

The Liminanas : « Istanbul is sleepy »



En collaborant avec le grand Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre), les Liminanas ont eu l'idée de génie du siècle ! Rien de moins ! Ce nouvel EP procède de la fusion des influences. En effet, basée sur les boucles, la transe, la répétition la musique des Liminanas trouve son complément idéal dans les guitares fuzz psyché/garage/sixties de Newcombe, qui apporte au groupe l'immédiateté rock n'roll qui jusqu'ici leur faisait défaut (et qui fait qu'on n'avait jamais vraiment accroché au groupe). La personnalité de Newcombe est tellement forte qu'elle irradie littéralement sur la musique, lui apporte sa couleur si spécifique, au point que lorsqu'Anton prend le micro (si, si) on croit même écouter un inédit du BJM ! A noter, « Nuit fantôme », ou le parlé/chanté de Lionel ressuscite le Gainsbourg de « Melody Nelson » en version garage rock. Vivement l'album, « Shadow people » dont la sortie est prévue pour le 19 janvier prochain ! 

https://fr-fr.facebook.com/theliminanas/
http://www.theliminanas.com/
https://twitter.com/theliminanas

dimanche 10 décembre 2017

Mighty Mo Rodgers & Baba Sissoko : « Griot Blues »



La chose est connue des exégètes depuis longtemps. Si le blues était un arbre, ses racines le ramènerait immanquablement en Afrique. Question de tradition orale mais aussi de rythme. Une évidence que deux artistes, l'Américain Mighty Mo Rodgers et le Malien Baba Sissoko, se font fort de remettre au goût du jour. Embarquant l'auditeur dans un grand voyage transatlantique, en gros « Mali to Mississippi » comme ils le chantent si bien, les deux hommes fusionnent leur univers musicaux. La forme change, le fond reste le même et le tout dépasse le simple idiome ternaire, lequel prend des nouvelles couleurs grâce aux instruments traditionnels (ngoni, tamani) du Malien (magnifique « Nalu »), pour se permettre une extension jusqu'au reggae (« Shake' Em up Charlie ») et au jazz (la très belle "Drunk as a skunk", "What is the color of love"). Un superbe voyage en musiques où la dextérité des musiciens est mise au service de la fraternité.

Www.griotblues.com
https://fr-fr.facebook.com/griotbluesmusic/

Cécile McLorin Salvant : « Dreams and Daggers »



Magnifique chanteuse, Cécile McLorin Salvant, continue son ascension avec ce nouvel album, une pièce maîtresse de plus dans sa discographie courte (quatre albums) mais, jusqu'ici, sans fausse note. Ce nouvel effort est donc double et a été en partie enregistré en concert au mythique Village Vanguard et au DiMenna Center de New York. Ce nouveau double album s'impose à la fois comme un panorama et une synthèse de tout l'art de la chanteuse ; un disque somme enregistré avec son trio de scène : le pianiste Aaron Diehl, le contrebassiste Paul Sikivie et le batteur Lawrence Leathers. Les trois hommes créent ainsi, titre après titre, le cocon idoine pour la chanteuse caméléon, qui donne de la voix, douce et langoureuse (« Tell me what they're saying can't be true »). Les trois musiciens possèdent un art du swing, du changement de tempo allant du ralentissement à l'accélération subite, de la tension/détente qui prend tout son sens sur quelques pièces magnifiques (« Somehow I never could believe », « Nothing like you », « If a girl isn't pretty »). L'écrin est alors parfait pour la chanteuse qui exploite à merveille sa tessiture à la fois touchante, drôle (« You've got to give me some ») ou sexy. Sur quelques titres, enregistrés en studio, le trio est accompagné par du quatuor de cordes Catalyst Quartet apportant une note classique et majestueuse à la musique (« And yet », « You're my thrill », « The Worm »). A noter enfin un clin d’œil de la chanteuse, qui a en plus le bon goût d'être parfaitement francophone, à la langue de Molière le temps d'un « Si j'étais blanche ». Derrière sa facture classique, se cache une petite pépite propre à faire voyager l'auditeur dans un univers maintes fois fantasmé : New York, le club de jazz enfumé, les briques rouges, la nuit tout ça... Dès lors une seule conclusion s'impose, en forme de regret, quel dommage de ne pas avoir assisté au concert. Heureusement les albums sont là pour graver dans la cire ces instants d'éternité…

http://www.cecilemclorinsalvant.com/
https://twitter.com/cecilesalvant
https://www.facebook.com/CecileMcLorinSalvantMusic

jeudi 7 décembre 2017

Crowdfunding Mathis Haug

Le très talentueux Mathis Haug est à Memphis et il espère revenir avec un vinyle dans sa valise...
Tout est expliqué en cliquant sur le lien ci-dessous :

Lien Kiss Kiss Bank Bank

mercredi 6 décembre 2017

Next Faciès du 13 au 21/12 au festival Les Aventuriers


Et de trois ! Après la Galerie Stardust et le Studio des Variétés, la série de photographies "Next Faciès", consacrée à la jeune scène française, du photographe Séverin (également ex-bassiste des Parlor Snakes) sera exposée dans le cadre du festival les Aventuriers du 13 au 21/12 à Fontenay-Sous-Bois (94).